lundi 9 janvier 2017

*Le voleur d'ombres......



"L'amour, tu sais, ce dont il a le plus besoin, c'est l'imagination.


Elfe, Fée, Magie, Nature, Imagination


Il faut que chacun invente l'autre avec toute son imagination, avec toutes ses forces et qu'il ne cède pas un pouce de terrain à la réalité ;
alors là, lorsque deux imaginations se rencontrent.... il n'y a rien de plus beau".

Romain Gary


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L'Homme, Silhouette, Homme D'Affaires



J'ai eu peur de la nuit, peur des formes qui s'invitaient dans les ombres du soir, qui dansaient dans les plis des rideaux, sur le papier peint d'une chambre à coucher. Elles se sont évanouies avec le temps. Mais il me suffit de me souvenir de mon enfance pour les voir réapparaître, terribles et menaçantes.

Vue Sur La Ville, Ciel Du Soir

Un proverbe chinois dit qu'un homme courtois ne marche pas sur l'ombre de son voisin, je l'ignorais le jour où je suis arrivé dans cette nouvelle école. Mon enfance était là, dans cette cour de récréation. Je voulais la chasser, devenir adulte, elle me collait à la peau dans ce corps étroit et trop petit à mon goût.



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"Tu verras, tout va bien se passer...."

Rentrée des classes. Adossé à un platane, je regardais les groupes se former. Je n'appartenais à aucun d'eux. Je n'avais droit à aucun sourire, aucune accolade, pas le moindre signe témoignant de la joie de se retrouver à la fin des vacances et personne à qui raconter les miennes. Ceux qui ont changé d'école ont dû connaître ces matinées de septembre où gorge nouée, on ne sait que répondre à ses parents quand ils vous assurent que tout va bien se passer. Comme s'ils se souvenaient de quelque chose ! Les parents ont tout oublié, ce n'est pas de leur faute, ils ont juste vieilli.

L'École, Sac À Dos, L'Enfance

Sous le préau, la cloche retentit et les élèves s'alignèrent en rangs devant les professeurs qui faisaient l'appel. Nous étions trois à porter des lunettes, ce n'était pas beaucoup. J'appartenais au groupe 6C, et une fois encore, j'étais le plus petit. On avait eu le mauvais goût de me faire naître en décembre, mes parents se réjouissaient que j'aie toujours six mois d'avance, ça les flattait, mois je m'en désolais à chaque rentrée.

Etre le plus petit de la classe, ça signifiait : nettoyer le tableau, ranger les craies, regrouper les tapis dans la salle de sport, aligner les ballons de basket sur l'étagère trop haute et, le pire du pire, devoir poser tout seul, assis en tailleurs au premier rang sur la photo de classe : il n'y a aucune limite à l'humiliation quand on est à l'école.

Tout cela aurait été sans conséquence s'il n'y avait pas eu, dans le groupe 6C, le dénommé Marquès, une terreur, mon parfait opposé.

Si j'avais quelques mois d'avance dans ma scolarité - au grand bonheur de mes parents -, Marquès avait deux ans de retard et ses parents à lui s'en fichaient totalement. Du moment que l'école occupait leur fils, qu'il déjeunait à la cantine et ne réapparaissait qu'à la fin de la journée, ils s'en satisfaisaient.


Je portais des lunettes, Marquès avait des yeux de lynx.

Chats, Animaux, Animal De Compagnie

Je mesurais dix centimètres de moins que les garçons de mon âge, Marquès dix de plus, ce qui créait une différence d'altitude notoire entre lui et moi ; je détestais le basket-ball, Marquès n'avait qu'à s'étirer pour placer le ballon dans le panier ;

Basket Ball, Boule, Le Sport, Jeu

 j'aimais la poésie,

Livre, Ouvert, Aigu, Pages Du Livre

 lui le sport, non que les deux soient incompatibles, mais tout de même ; j'aimais observer les sauterelles sur le tronc des arbres, Marquès adorait les capturer pour leur arracher les ailes.


Nous avions pourtant deux points en commun, un seul en fait : Elisabeth ! Nous étions amoureux d'elle, et Elisabeth n'avait d'yeux pour aucun de nous. Cela aurait pu créer une sorte de complicité entre Marquès et moi, ce fut hélas la rivalité qui prit le dessus.

Elisabeth n'était pas la plus jolie fille de l'école, mais elle était de loin celle qui avait le plus de charme. Elle avait une façon bien à elle de nouer ses cheveux, ses gestes étaient simples et gracieux et son sourire suffisait à éclairer les plus tristes journées d'automne, quand la pluie tombe sans cesse, quand vos chaussures détrempées font flic floc sur le macadam, ces journées où les réverbères éclairent la nuit sur le chemin de l'école, matin et soir.

Mon enfance était là, désolée, dans cette petite ville de province où j'attendais désespérément qu'Elisabeth daigne me regarder, où j'attendais désespérément de grandir.

Travail À Domicile, Garçon, Enfant

Le voleur d'ombres
Marc Levy

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lundi 2 janvier 2017

*Le pur présent...........

Arbre, Automne, Paysage, Nature, Saisons


L'autre fois (l'automne) je notais : ce matin, je contemple mon chêne, cette torche du temps pur qui se dresse à deux ou trois cents  mètres devant la fenêtre du bureau, de ma maison des champs, la vision est d'autant plus nette que l'herbe à son pied est rase, ultime fenaison faite, et le soleil dissipe lentement la couverture de nuages légers.

Chêne, Feuilles, Feuille De ChêneA mon lever, la brume de chaleur, (un si doux septembre) le dissimulait tout à fait. Tandis que l'arbre émergeait - le détail de sa ramure devenant de plus en plus net, la haie d'arbres du fond perdant son indistinction ombreuse -, j'observais, de l'autre côté du carreau, deux merles cherchant leur nourriture, et je me suis sentie émerveillée, par la beauté du chêne, du champ, des oiseaux noirs, par le silence ouaté et la solitude (...)

Merle, Oiseau, Animaux, Nature, Sauvage


Merle, Oiseau, Des Animaux, Black


(...) s'émerveiller réclame non seulement de vivre dans l'instant présent mais aussi dans la lenteur (....)

Feuilles De Chêne, L'Automne


(...) Il faut se battre contre un nihilisme ambiant qui n'est pas la seule position  possible (...). Il faut vivre ici et maintenant car nos vies sont précaires et précieuses (...)


(...) Parfois le silence règne, nous sommes paisibles et concentrés, la lumière est belle et notre regard vigilant : alors l'émerveillement nous saisit. D'où vient ce sentiment fugitif ? il ne résulte pas forcément de la nature grandiose de la situation ou du spectable. Souvent c'est un état intérieur favorable qui nous permet de percevoir une dimension secrète et poétique du monde. Soudain on vit pleinement, ici et maintenant dans le pur présent. Cette disposition intime est une conséquence du désir de vivre et de la faculté de joie.


Le risque de l'enténèbrement  a frappé notre époque, mais il faut d'antant plus persister à évoquer l'émerveillement. Car la construction du bonheur, le respect de chaque vie précaire, précieuse, et susceptible d'accueillir les plaisirs en même temps que le labeur, sont la marque de notre conception de l'existence. Ici est notre séjour, y porter un regard attentif est le plus sûr remède contre le nihilisme (...)

Feuillage D'Automne, Feuilles D'Érable

(...) Elles sont deux, petites, concentrées, curieuses et prêtes à l'émerveillement. A côté d'elles, trois marches s'enfoncent dans la terre : vers le monde d'Alice ?
Photo sans ciel. Au-dessus des fillettes le feuillage du frêne frangé de soleil crée un effet d'intimité : elles sont dans un décor qui ressemble à un dedans.
A quoi jouent-elles ? elles s'affairent près d'un seau, je crois. Miracle de cette extrême attention enfantine qui, défamiliarisant le réel, abolit le temps et rend sensible le merveilleux au coeur du monde ordinaire (...)


Vintage, Illustration De Livre
Enfant, Fille, Chien, Petit Chien, Blanc







L'Eau, Ballon, Couleur, Amusement




Belinda Cannone
S'émerveiller


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dimanche 1 janvier 2017

Paganini - Variations - Jérôme Ducros - Gautier Capucon

* Meilleurs voeux pour cette année 2017 !



Nouvel An, Chat, Décorations De Noël


Que 2017

 Retienne nos rêves amassés en nos têtes embrasées

Et te garde toi Ami(e) dans tous les instants
Qui jamais ne se fanent

Sur la page  douce, sage, rebelle aussi  au grain du tant

Que tes pas m'étoilent  m'allument et ensOleillent les coeurs parfois griffés.

Ta façon dégouline d'âme et d'ambre,
Etincelle

Main-tenant le caractère sacré qui se lie à jamais,
Ne se délie qu' à l'infinitude du temps ;

Ton être d'or dort  écrit à l'encre cachée

Au jus indélébile  d'un coeur ardent et généreux

Enlumine par tes mots en-chantés nos préférés et mêle-l'ancolie.

Je ne pleure presque plus rien, mais je me rappelle, que,
Unis comme les cinq doigts dans la pomme de ma main cousue dans la tienne
Nos yeux sont en choeur.

Je suis là pour toi, magicienne tapie au creux des mots tricotés, détricotés, 
Des images déposées sur l'Etoile Âmie,

Au creux de toi
Au pré de toi

 Au fil du tant,

Je t'attends,

Sur le chemin filé  de l'allume-hier qui réchauffe en palpitant
 Efface en souriant.

Que 2017 se balade  en  ballade,

T'accompagne dans cet an-naît souhaité soyeux comme la plume tourbillonne
S'envole et se repose
Se pause
 En faim de toi

Entre nos mots lovés.


2017...

Où qu'il soit, immense et généreux

Dans l'essence-ciel

Entre sOleil et nuages

En poil doux de chat-crin,

Reçois  mes meilleurs voeux

 Dans la sérénité, la paix, et l'amour....


Den

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